Limitation des naissances et planning familial


Le planning familial et la limitation des naissances sont aujourd'hui deux sujets qui font l'objet de débats au niveau de la Umma islamique, et particulièrement au sein des familles, entre conjoints.

Notre contribution va plutôt dans le sens d'éclairer la question à nos soeurs - Qu'ALLAH les Garde et les Guide - en nous basant sur le Noble Coran, la tradition du Prophète (anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) et la science.


Limitation des naissances


Elle consiste à la restriction volontaire de la procréation.

Certains couples le pratiquent par crainte de ne pouvoir nourrir un assez nombre d'enfant, ou encore les éduquer. Chez certaines femmes, c'est plutôt pour garder leur mine, ne pas trés tôt vieillir, ou ressembler à la femme occidentale, qui est laissée à elle même dans un système qui le fait croitre qu'il la protège. Toutefois, ces justifications peuvent-elles servir de motifs pour recourir à la limitation des naissances ?

En effet, celle qui est affectée par une maladie qui, selon l'avis de médecin fiable et digne de confiance, peut lui poser un gros préjudice ou même lui coûter la vie si elle tombe à nouveau enceinte, peut se résoudre à ne plus avoir d'enfant. Mais, cette situation peut changer dans le mesure où elle guérit de cette maladie. Donc la limitation des naissances ne serait admise que lorsque la femme s’expose sûrement (selon l'avis d'un médecin) à des risques, de nature à lui coûter la vie ; et dans ce cas c'est une obligation (fard).

Ensuite, le Prophète a dit (anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) : « Épousez la féconde et affectueuse. Certes, je surpasserais [en nombre] les autres communautés par vous au Jour de la Résurrection »  (Hadith Sahih rapporté par Ahmad, Abû Dawud, An-Nassaï, Ibn Hibban, At-Tabarani et d'autres). Comment donc, en prenant connaissance de ce hadith, un couple de croyant limite-t-il le nombre d'enfant qu'il souhaite avoir. En plus, la puissance et la force d'une communauté se mesure à son nombre, non pas de sa pauvreté ou sa faim ; ce dont l'occident a trés bien compris pour nous proposer toute sorte de méthodes contraceptives dont la quasi totalité comporte des dangers qu'ils se gardent de révéler.

Le recours à la limitation des naissances ne peut être justifié par des contraintes critères socio-économiques ou éducatives. En effet, Le TRÉS-HAUT Dit : "Il appartient à ALLAH [par Sa Grâce, de montrer] le droit chemin car il en est qui s'en détachent. Or, s'Il voulait, Il vous guiderait tous". (Sourate An-Nahl, Verset 9) ; "Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes : mais c'est ALLAH qui guide qui Il Veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés." (Sourate Al Qasas, Verset 56) ; "C'est à Nous, certes, de guider" (Sourate Al-Layl, Verset 12).

Pour celui ou celle qui craint de ne pouvoir nourrir leurs enfants, n'ont-ils pas lu les versets suivants : 

«Il n' y a point de bête sur terre dont la subsistance n'incombe à ALLAH.» (Coran, Sourate 11, Verset 6)

«Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; c' est Nous qui attribuons leur subsistance, tout comme à vous. Les tuer, c'est vraiment, un énorme péché.» (Coran, Sourate 17, Verset 31).

En effet, pratiquer la limitation des naissances par crainte de ne pouvoir nourrir sa famille vient à l'encontre de la confiance qu’il faut placer en DIEU, et contredit la loi divine selon laquelle toute âme venue au monde est prise en charge par DIEU.


Le planning familial [et espacements des naissances]


Il consiste à espacer les grossesses dans le temps.

Généralement la femme observe une fatigue, aprés une grossesse, et par conséquent a besoin de repos. Ce que l'islam a trés bien compris et prévu, dans la Sourate Al baqara, verset 233 : ''Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets…''. En effet, il est scientifiquement démontré que l’allaitement normal, jour et nuit, empêche la libération des ovules et diminue aussi le flux menstruel. Par conséquent celle qui allaite son enfant, durant le temps qui lui est prescrit dans le Coran, pourra belle et bien espacer ses grossesses de façon naturelle, et par conséquent se reposer. C'est la méthode dite MAMA (La Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée).

Cela montre clairement que l'islam encourage l'espacement des naissances et propose une façon bien plus sûre de le pratiquer.

A cela s'ajoute le fait que les compagnons pratiquer le azl du vivant du Prophète Muhammad Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam, sans que celui-ci le leur interdise. C'est un hadith de Buhâri et Muslim rapporté par Jâbir Ibn Abdallah auquel les savants des quatre écoles sont unanimes : "Nous pratiquons le azl, du vivant de l’Envoyé d’ALLAH, en pleine période de la Révélation coranique". Le azl, ou le coït interrompu, consiste au fait que l'homme retire son appareil au moment du rapport pour éviter de faire tomber la femme enceinte. Beaucoup de savants s'accordent sur cette méthode du fait qu'il fut pratiqué par des compagnons. Cependant d'autres prétendent que cela requiert le consentement de la femme qui, elle aussi, a le droit de jouir de ce rapport.

Pourquoi donc user de moyens de contraception ?

En principe, une seconde grossesse avant la fin de l'allaitement du dernier nouveau-né, "ghila" (en woloff : néf), cause évidemment un préjudice à ce dernier et probablement à la mère qui devrait pouvoir se reposer. En effet, il est nécessaire et de droit comme le précise la sourate susmentionnée d'allaiter l'enfant durant deux années complétes. Toutefois, faudrait-il aussi comprendre que dans ce cas (ghila) il s'agit d'une "anomalie", car une femme dite "normale" ne peut avoir d'enfant en allaitant naturellement son enfant. Et dans ce cas les pilules (ou autres méthodes contraceptives) ne constituent pas un moyen de contraception en vue de limiter le nombre de naissances [mais seulement un moyen de les espacer pour allaiter son enfant, ou pour préserver la santé de la femme].

Par ailleurs encourager toutes les femmes, mariées ou célibataires, jeunes filles et adultes à pratiquer un régime contraceptif, comme cela se fait de nos jours, reste une attitude trés méfiante et qui ne favorise que la fornication.


Annexe : Extrait d'une conférence de Serigne Sam Mbaye (Gàmmu 1992*)


Quel est le point de vue de l’islam sur l’organisation et la limitation des naissances ?

Réponse

Il veut parler du planning familial. L’individu a-t-il le droit de limiter sa progéniture à un nombre donné ? A-t-il le droit de dire deux enfants me suffisent, je ferai de sorte que je n’en aurai pas plus par exemple ?

La charia accepte le planning familial s’il a une base légale bien définie. Il fait partie des raisons reconnues par la charia :

– un avis médical formel qui stipule que la grossesse constitue un danger mortel pour la femme concernée. La santé de cette femme est incompatible avec une grossesse.

– une contre indication médicale relative peut faire l’objet d’une limitation des naissances.

Voyons maintenant les autres raisons qui sont à l’origine de la polémique sur la question et ce qu’en pense la charia.

Nous allons rejeter d’emblée certaines d’entre elles. C’est le cas de celui qui dit : « je veux éduquer mes enfants et s’ils sont nombreux je n’y arriverai pas » alors qu’à chaque fois qu’il quitte son travail il se rend à la grand place. Il ne se souci pas si ses enfants sont rentrés ou s’ils sont encore dans la rue. Il ne vérifie pas s’ils sont allés à l’école ou non. Il ne contrôle pas s’ils sont sur le droit chemin ou pas. Celui-là s’il dit qu’il veut limiter sa progéniture pour mieux les éduquer, il ne dit pas la vérité et la charia ne l’acceptera pas.

Celui également qui sait qu’il peut supporter sa progéniture mais est avare et veut que son compte en banque soit bien fourni et décide de limiter le nombre de ses enfants, est condamné par la charia.

La limitation des naissances et leur organisation ne peuvent pas avoir pour fondement des raisons économiques.

Au demeurant, il est impossible de donner un jugement valable pour tout le monde. C’est une question à traiter au cas par cas. Elle peut être interdite ou prohibée pour certains, tolérée ou fortement recommandée pour d’autres.


* Cette conférence de Serigne Sam Mbaye a été transcrit et traduit par Papa Sall. Elle sera disponible bientôt, incha ALLAH, sur www.drouss.org.


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