Cheikh Mussa Kâ


Poète et disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, il fut l'un des plus grands historiens qui aient traité et commenté la vie du Cheikh.<br /> Cheikh Musaa Kâ, fils de Usmaan et de Absatu Sekk, est né à Ndilki près de Mbackke Baol vers 1890. Il fit ses études coraniques d'abord après de son père. Ensuite celui-ci le confia à Ahmadou Bamba qui, de retour de l'exil en Mauritanie, le garda dans sa cour de Ceyéen (au Jolof) où il fut en résidence surveillée de (1907 à 1912), puis à Diourbel à partir de 1912. Atteint de variole, il dut renoncer à son intention de faire des voyages d'études à travers le pays pour rester auprès de Séex Ibrahima Faal qui lui donna une solide formation religieuse.<br /> Excellent calligraphe, il entra dans le foyer d'études appelé Daaray Kamil chargé uniquement de lire et de transcrire le Coran en plusieurs exemplaires. Nommé Séex par Xaadimu Rasuul, il alla s'installer à Saaté à trois kilomètres de Mbakké pour enseigner le Coran...<br /> Dès la disparition de Séex Bamba en 1927, il se fit le compagnon de Séex Mustafaa Mbakké, son fils, premier khalife des murids, qu'il suivait dans ses déplacements à travers le pays... Fin lettré, il a commencé du vivant de Séex Ahmadou Bamba à composer des poèmes en langue arabe. Il les montra à son maître qui, souriant après lecture des textes, lui dit en wolof : Musaa, lééralal féré yi mbir mi, en substance ' Musaa, explique le message aux adeptes '… Musaa, en murid discipliné comprit, par l'injonction du marabout, qu'il fallait s'exprimer dans la langue wolof pour atteindre la grande masse des taalibé qui ne parlaient pas arabe...<br /> Cheikh Musaa Ka est un érudit. Il maîtrise aussi bien les textes sacrés, les paroles et les faits du Prophète (la sunna), que l'oeuvre de son maître et guide spirituel Xaadimu Rasuul. C'est ce qui lui permet de se mouvoir aisément dans son domaine de prédilection et de varier à volontè son style, ses thèmes, la métrique de ses vers, inspirés certes de la qasida arabe mais dont le rythme reste purement nègre...<br /> Il a de nombreux sobriquets : Njamé, Wérékaanu Bamba, Xaadimul Xadiim, Géwél u Bamba. Certains de ses vers rétablissent correctement les liens de parenté qui le lient à Bamba. Mais, lui, a toujours souhaité rester son chantre, car pour les murids, il importe moins d'être un proche parent du Séex que d'être son fidèle taalibé. Voilà Serigne Musaa Ka brièvement présenté. On ne peut le connaître réellement qu'en lisant la totalité de son oeuvre monumentale estimée à plus de vingt mille (20.000) versets … Ses Ouvrages : Ndiouth Ndiath ; Yërmande ; Taxmiss bob wolofal ; Muqadimaat ; Xarnu bi ; Su ngeen ma degloo ; May dagaan ; Boroomam ; Jigéen u Mbakke-Mbakke ; Jaaramaa Maam Jaara ; Soxna Jaara ; Barsan ; Jazâ'u Sakûr u Géej gi ; Jazâ'u Sakûr u Jéeri ji ; Sa pack bi ; Ci barque Bamba ; Ma yeesal (Xadi Sill) ; Ndenkaani buy royaux gòor ; Yalla yi teqqali look yu suiffe yi ; Marsiya Séex Ibra Faal ; Sopp Ahmadul Mbakkii ; Maggal yi ; Ndaama day yuqeelu (Matlabul aajaati) ; Mustafa Mbakke ; Ma jéema buurati