Tout savoir sur le Mawlidu-n-Nabi

Avant vous, certes, beaucoup d’événements se sont passés. Or, parcourez la terre, et voyez ce qu’il est advenu de ceux qui traitaient (les prophètes) de menteurs. Voilà un exposé pour les gens, un guide, et une exhortation pour les pieux. (Coran, Sourate 3 - versets 137-138)

Le lundi 8 du mois Rabih al awal de l’an 14 de Ia prophétie,­ première année de l’Hégire (23 septembre 622 G.), le prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) descendu à Kouba.

La prétention de Musaylima à la prophétie eut lieu en l’an 10 de l’Hégire. Ce faux prophéte fut tué dans la guerre de Yamaama, au temps d’Abu Bakr (Radiy-Allaahu anhu) et au mois de Rabih al awal de l’an 12 de l’Hégire.

Le Guide des Messagers (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) naquit dans Ie carré de Bani Hàchim à la Mecque au matin du lundi 9 Rabih al-awaI, au début de l’année I’élephant, à la 40ème année du règne de Kisra et de Anoucharwân.

L’arrivée du Messager d’Allah (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) à Médine, et sa descente chez Bani An-Najjar eurent lieu le vendredi 12 du mois de Rabih al awal de l’an 1 de I’Hégire (27 septembre 622 G.) et qu’à l’occasion, il descendit sur une terre située devant la maison d’ Abi Ayùb et dit : «C’est ici que nous camperons s’il plait à ALLAH». Nous avons vu aussi que, de là, il alIa chez Abi Ayùb (Radiy-Allaahu anhu).

Les membres de cette délégation de Bali arrivèrent en Rabi-aI-awal en I’année 9 de l’Hégire, ils se convertirent à l’Islam et demeurèrent à Médine trois jours.

Ummu Salmah (Radiy-Allaahu anhu), épouse du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) fut rappelé à DIEU en Rabih al Awal de l’an 50 de l’Hégire à l’âge de soixante cinq ans.

Ibrahim, le fils du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) mourut le 10 de Rabih al Awal en l’an 8 de l’Hégire alors qu’il n’avait que dix-huit mois. A sa mort le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) fit cette remarque : «ALLAH a choisi une domestique céleste pour s’occuper d’Ibrahim dans les jardins du Paradis».

Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) fut rappelé à DIEU le lundi 12 du mois de Rabih al awal, en l’an 11 de l’Hégire bénie, en un moment semblable il celui de son entrée à Médine, à son émigration. Ainsi, le lundi 12 du mois de Rabih al awal1, fut le jour de sa naissance, le jour de la première révélation (le lundi), le jour de son arrivée à Médine et le jour de son rappel à ALLAH (sup’haanahu wa Tahanlaa).

Umm Kalsùm émigra avec la famille du Prophète et Seyidina Usmàn ibn Affàn l’épousa à Médine, au mois de Rabih al awal, la troisième année de l’Hégire, après le rappel à DIEU de sa sœur Ruqayya (Radiy-Allaahu Tahanlaa anhum).

Serigne Ndaam Abdurahmane2 naqit à Méoundou, dans l’actuel département de Tivaouane3, au cours du mois de Rabih al awal 1271.

Cheikh Muhammad al Amine Diop Dagana4 fut rappelé à DIEU le 23 de Rabih al awal, en 1967.

Sur la naissance de Cheikh Ibrahima Faty Mbacké5, les auteurs s’accordent au jeudi 15 du mois lunaire de Rabih al awal de l’an «charfadji», c’est à dire 1283 de l’Hégire, 1863 du calendrier grégorien.

Serigne Abdou Samad Mbacké ibn Sheyxul Xadiim, rejoignit son seigneur un jour du mois béni de Rabih al awal de l’année 1948, agé de la trentaine à peine et laissant une fille de trois ans, Adji Mame Bousso6. Il repose dans les cimetières de Touba à côté de ses vertueux frères.

    C’est Malik al Muzaffar8 qui a le premier célébré la naissance du prophète Muhammad (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) en public, en 630 ans après l’Hégire.

    Ce jour des milliers de moutons et de poulets furent ‘‘sacrifiés’’, une centaine de chevaux, 300 000 dinars, furent donnés en aumône. De même 30 000 plats de Halwa furent servis. Toute la fortune dépensée. Le Roi d’Arbel9, quant à lui, ne portait qu’un boubou d’une valeur de cinq (5) dinars.10 Cet acte loin d’être bid’ha (innovation) est conforme à la Sunna du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam).

    Al-Hafiz Ismaïl ibn Kathir dit dans Al bidaaya Wa-n-nihaaya (13/137) à propos de la biographie d’Abu Zeyd al Kawkaburi : « Il organisait une grande cérémonie au mois de Rabih al awal à l’occasion de l’anniversaire de la naissance du Prophète. Al-Bast a dit : un des participants à l’une des cérémonies organisées par al-Muzaffar m’a raconté que ce dernier faisait étaler sur une nappe 5 000 (moutons), méchoui, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crèmes, 30 plats de gâteaux […]».

    Dans Wafayat al-a’yan (3/274), Ibn Khallikan raconte que ‘‘Deux jours avant le Mawlid, le roi emmenait un nombre de chameaux, de bœufs et de moutons qui défiait la description et les faisait accompagner de tambours, de chants et d’actes de divertissements, et faisait progresser le cortège jusqu’à la place publique […]. Dans la nuit de la cérémonie, il organisait un concert (religieux) à la citadelle après la prière du maghreb11’’.

  • Lire du Coran
  • Prier sur le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam), c’est à dire faire des Salaat anla-n-Nabi
  • Chanter ou lire les poèmes dédiés au Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam)
  • Écouter lire le récit du Mawlid (L’histoire et la naissance du Prophète)
  • Préparer des repas copieux
  • Faire de l’aumône (même si c’est un (ou deux) dirham)

 

Le hàfìz Shamsuddin Muhammad ibn Nasruddin ad-Dimashqi a écrit à ce sujet dans son livre Mawrid as-ada fi Mawlid al-Hadi :

Si un kafir qui était condamné pour l’éternité à l’enfer avec «Tabbat yada Abi Lahab» (Sourate 111) gagne un sursis tous les lundis parce qu’il s’était réjoui de la naissance d ‘Ahmad, que pensez-vous du serviteur qui, toute sa vie, fut heureux avec Ahmad et qui, mourant, dit : La ilaha illallah Muhammadun Rassùlullah?

Dans ‘‘L’Attirance des Coeurs’’ de Sheyxul Xadiim

Sa Naissance est Glorieuse, Bénite et Respectueuse ; sa célébration est obligatoire pour tout chef

Sa célébration conformément à la Sunna (la Tradition) nous conduit vers le Paradis ; par elle, les bienfaits augmentent en faveur du sincère qui glorifie

Quiconque célèbre la Naissance de notre Prophète qui est la Porte de la Bonne Guidée, point il ne sera soumis au Règlement des Comptes Demain; alors, honore et glorifie cette Naissance

Quiconque célèbre la Naissance de la Meilleure Créature, en l’occurrence le Plus Louangé (Ahmad) celui-là est comme un martyr ayant combattu à Bedr, et ce, sans illusion

Celui qui fait une dépense à l’occasion de la célébration de son Honorable Anniversaire, en biens, sans gaspillage, fut-ce l’équivalent d’un “dirham“

Celui-là est comme quelqu’un ayant été présent le Jour de “Hunayn“ avec patience et le Jour de Bedr, puis ayant soutenu la Meilleure Créature qui facilite la compréhension

Celui qui célèbre la Naissance de notre Prophète qui est la Porte de la Bonne Guidée ne sera pas contrôlé Demain, au moment du Règlement des Comptes désarmant

Celui qui assiste à l’Anniversaire de la.Naissance de la Meilleure des créatures, en la célébrant par la communion, dans la réjouissance, avec du sucre ou de la viande

Celui-là est certes nanti de ce qui pérennise la joie et il ne rencontrera pas de malheur le Jour du Rassemblement des Communautés

Celui qui présente un repas à celui qui chante ou lit un texte liturgique, pour l’honorer, réunira les bienfaits des gens doués d’une force de décision spirituelle

Celui qui récite des panégyriques, lors de la célébration de la Naissance de la Meilleure des créatures, sur quelque chose pour l’oindre, celui-là verra, pour cette chose, un essor de plus en plus bénit

Si on récite sur de l’eau des panégyriques, lors de la célébration de la Naissance du Meilleur du genre humain, le fait de boire de cette eau préserve de la machination de Satan, par la Grâce de la Créature Purifiée

L’absorption de cette eau, grâce à l’Exaucé, illumine le cœur et le vivifie, sans défaut, et celui qui l’absorbe sera préservé du malheur

La vivification [de la célébration] de la Naissance de l’Annonciateur des Bonnes Nouvelles protège les familles et les demeures, elle renferme le Remède des cœurs pour tout individu se réclamant de sa Direction

Que L’ETERNEL Qui perpétue ma joie accorde Sa Prière accompagnée d’un Salut Eminent au Meilleur du genre humain, à sa famille et à ses illustres compagnons

Dans Wolofalu Maggal yi de Cheikh Moussa Kâ

Dans cet ouvrage Cheikh Moussa décrit Abu Zeyd12, ses qualités, et quelques poèmes que celui-ci aurait écrit sur l’importance de la célébration du Mawlid dont il cite quelques vers.

Taalif na ay Mawlid yu dee fi gammu
Yuy qamlé bòoti Mustafaa ak gammu

Il a écrit des poèmes pour la célébration du Mawlid
Qui font connaitre les secrets de Mustafaa et de la célébration du Mawlid

Jisnaa munaa darham bu dem ci gammu
Doyna Qusak darham te mòolay rammu

J’y ai lu que chaque dirham dépensé durant le Mawlid
Suffit ... dirham, et c’est cela qui t’intercédera

Joxla juròom ñaar fukki junniy diinaar
Te ñafa teew dòotu ñu tabbi fi-n-naar

Te remettre soixante dix mille dinaar
Et ceux qui y viennent n’iront pas en enfer

Joxla juròom ñaar fukki junniy hasanaat
Far sa juròom ñaar fukki junniy sayyi’at

Te remettre soixante dix mille bienfaits
Efface tes soixante dix mille méfaits

Wubbi juròom ñaar fukki junniy wunta
Ca ndambi xeewal ya boròom di sant

Ouvre soixante dix mille portes
[Qui mènent] Vers des tas de bienfaits, le bénéficiare rendant grâce

Mad juròom ñaar fukki junniy wunta
Wunti balaa ak mbass sa kër du genta

Fermant soixante dix mille portes
Portes de calamités et épidémies, ta demeure ne sera point abandonné

Té gane gu ca ñëw yoraale junniy barakaat
Suy dellu yobbu ñaari junniy hasanaat

Puis chaque invité qui y viendra aura mille barakas
En partant, il emmenera avec lui deux milles bienfaits

Té tibb bu nekkay alfu alfu hajja
Wa alfu umratine wa alfu zawja

Ensuite chaque poignet équivalera à des milliers de besoins (satifaits)
Avec mille pélerinages et mille épouses

Mooy junniy jigueen ci hùrul hayni
Ñu jox boròom gammu ga dùna mayni

C’est à dire mille femmes parmis les Belles du Paradis (les houris)
Remis à celui qui fête le Mawlid, c’est sans mensonge [véridique]

Yawmal qiyaamati suy dekki jaaré Tuubaa
Kër Mustafaa al Makiyyu mbaa té Tuubaa

Le jour du rassemblement, lorsqu’il sera ressucité, passera par Tuubaa
Chez Mustafaa Le Mecquois (aleyhi-s-salaatu wa-s-salaam), où à Tuubaa

Extrait de Wolofalu Maggal yi de Cheikh Moussa Kâ
Essai de traduction : Rédaction drouss.org

Durant la nuit de la célébration de la naissance du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) il est recommamndé de faire des envers La Meilleure des Créatures, en voici quelques unes que vous faire autant de fois que vous voulez :

Priere-1.jpg 

Sal-l-Allaahu anla Muhammadine

 

Priere-2.jpg 

Allaahumma salli anla Seyyidinaa Muhammadine al Faathihi li maa uhliqa wa-l-Haatimi li maa sabaqa naasiri-l-Haqqi bi-l-Haqqi wa-l-Haadii ilaa Siraatika-l-Mustaqiimi wa anla àlihii Haqqa Qadrihii wa Miqdaarihi-l-Hanziimi

Extrait Conférence de Serigne Sam Mbaye, Parcelles assainies (Diamalaye)
Dakar, le 21/09/1995

Les savants ont vu qu’il existe des pratiques dont on ne peut pas dire qu’elles se faisaient du vivant du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) mais que nul ne peut séparer de l’Islam. Ce sont des pratiques islamiques mais les sahaaba les ignoraient car ils n’ont jamais vu le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) ou un sahaaba faire de telles pratiques. Ils n’ont pas pu s’empêcher de les appeler bid’ha car ce sont des pratiques nouvelles mais puisque ce sont des pratiques qui ont beaucoup de mérites, ils ont ajouté le mot « belles » ; ils ont donc dit ce sont de belles innovations pour les opposer à d’autres qu’ils appellent les « mauvaises innovations » qui ne sont pas conformes aux pratiques de l’Islam. Ils ont donné comme exemple de belle nouveauté, le Mawlid et les choses qui lui ressemblent. Ils ont dit qu’on a jamais célébré le Mawlid du vivant du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) et après son rappel à DIEU, les sahaaba ne l’ont jamais fait. C’est Al Malikul Muzaffar qui a, le premier, célébré le Mawlidu-n-Nabi. Mais ils ont vu qu’il n’est rien d’autre que la célébration de la naissance du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam), ils ont dit alors, c’est une excellente chose. Car, c’est lui qui est venu pour sauver les créatures et partout dans le monde où se trouvent des hommes importants, on a trouvé pour eux des jours de fête pour célébrer leur gloire. Donc notre Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) qui est le sauveur de l’ensemble des créatures (la première de toutes les créatures) mérite plus que quiconque une telle manifestation. Et si on y regarde de plus prêt, nous verrons que tous les musulmans du monde sont unanimes sur l’importance du Mawlid. Ils ont donc dit que le Mawlid est une belle nouveauté. Pourquoi l’ont-ils appelé bid’ha ? c’est qu’on n’a jamais célébré d’anniversaire en Islam. Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) est le meilleur de tous les hommes, donc si on doit célébré un anniversaire c’est du sien qu’il doit s’agir et pourtant ni les sahaaba ni les épigones ne l’ont fait. C’est seulement partir de la troisième génération qu’on a commencé à célébrer le Mawlid. Pourquoi l’ont-ils appelé une belle nouveauté ? Nul ne peut dire que célébrer la naissance du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) est une vilaine chose. Voyons maintenant ce qu’on appelle bid’ha : toute chose, toute pratique que les sahaaba ignoraient..... Ah ! là, il en existe donc beaucoup :

- Enseigner le Fiqh (la loi islamique) est du bid’ha

- La façon dont a élaboré le Tawhid (la théologie), en posant des questions pour ensuite leur trouver des réponses ( ilmul kalaam = apologie défensive) est du bid’ha

- Le Nahwu (la grammaire arabe dans l’Islam)

- Le Harùd, le Bayaan, le Mantiq etc....etc.....sont donc tous des bid’ha.

On peut dire que tout cela fait partie de la religion mais ne constitue pas des actes d’adoration. 

On appelle bid’ha, adorer DIEU d’une façon que le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) ne faisait pas et ils ne peuvent pas rejeter le Mawlid car il a beaucoup de mérite c’est pourquoi ont dit un « belle bid’ha ». Celui qui dit que c’est un bid’ha hasana a les mêmes arguments que celui qui dit que le Mawlid n’est pas un bid’ha. En réalité ils disent la même chose. Car le premier l’a ainsi appelé tout simplement parce que cette pratique ne se faisait pas du vivant du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam). Il a ajouté le mot hasana (beau) car pour lui, il vaut mieux le faire que de ne pas le faire.

Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, le bid’ha est en réalité agir d’une façon contraire à l’esprit de l’Islam. Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) lui-même faisait ces pratiques : choisir un jour dont on sait que c’est un grand jour pour oeuvrer n’est pas du bid’ha car, comme le Cheikh l’a dit dans son Masàlik13 concernant l’Imam Malik :

« Maalik, notre Imam, avait l’habitude de jeûner dans chaque mois trois (3) jours cela lui fait, grâce à la multiplication par dix (10) que DIEU accorde par sa bonté, comme s’il jeunait tout le temps ». On a vu que chaque savant (uléma) a une façcon d’adorer DIEU qu’il a observé et qu’on ne peut pas appelé bid’ha.

On a vu que les sahaaba observaient certaines pratiques et quand le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) l’apprenait, il les y encourageait ou les en félicitait. Nous savons également que c’est le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) qui a fait du Ijtihaad une sunna.... Il a montré ... que si on dit « Al yawma akmaltu lakum diinikum » (« la religion est complète aujourd’hui ») cela ne signifie pas que tous les mas’ala possibles ont été examinés et traités ; mais tout simplement qu’il nous a fait comprendre l’esprit de la religion. Nous pouvons donc juger nous-mêmes et prendre nos décisions par rapport à ce qu’elle aime et qu’elle n’aime pas. Cela rejette donc le bid’ha.

Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) a posé une question à Amr Ibn al Ass et lui demande de faire le Ijtihaad (effort personnel de reflexion) pour trouver la réponse. Celui-ci lui dit « m’est-il permis de faire le Ijtihaad à votre présence ?». Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) lui dit « N’est-il pas un honneur pour vous de faire le Ijtihaad devant moi ? ». Il voulait tout simplement enseigner le Ijtihaad. Que veut dire le Ijtihaad ? Le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) savait que le monde progresse et connaîtra des changements et beaucoup d’évènements que les gens ne connaissaient pas hier. Si de telles choses se produisent, nous devons, nous musulmans, les juger selon les principes de l’Islam. Nous verrons que l’Islam n’a pas jugé ces évènements tout simplement parcequ’il ne les connaissait pas mais si nous nous référons aux évènements qui se sont produits et aux jugements que l’Islam a fait sur ces évènements (donc à la jurisprudence islamique), nous parviendrons à prendre, par rapport à ces évènements nouveaux, une décision conforme à l’esprit de l’Islam....

L’on peut donc faire un effort pour connaître le chemin qui conduit au Paradis et dans cette analyse on verra que rien n’est plus important que célébrer l’anniversaire du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) car c’est un grand jour. Comme j’avais dit que de la même façon que notre SEIGNEUR a partagé les mérites entre les hommes, Il en a fait autant pour les jours, les moments, les milieux ....

Vous savez que la nuit du jeudi au vendredi, la grande nuit de la révélation (Laylatu-l-Qadri), la nuit de la Naissance du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) (Mawlidu-n-Nabi) sont de très grands moments pour l’Islam. Donc, puisque l’Islam t’a donné la possibilité de choisir une nuit de vendredi pendant laquelle tu décides de faire trois cent mille ou plus de salaat anla Nabi, nul ne peut te dire que cela est du bid’ha. Car c’est un Ijtihaad et de plus le salaatu anlaa-n-Nabi que tu fais était recommandé par le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) ; c’est donc une sunna. Il a beaucoup d’intérêts.

[...] Le hadith qui dit « Ummatii laa tajtahi anlaa dalaalatin » a exclu leMawlud des bid’ha car toute la communauté du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) célèbre aujourd’hui le Mawlid et puisque c’est lui-même qui avait dit que ma communauté ne sera jamais unanime sur une pratique qui relève de la perdition, alors le Mawlid n’est pas un bid’ha.

AhyaytuMawlidi-n-Nabi.jpg 

Ahyaytu Mawlidi nabi min asashi
Wa qaada lii xidmatuhù min jaysashi

Je vivifiais l’anniversaire de la naissance du Prophète en 130114
Et il m’engagea dans son service en 131315

En effet, Xadiimu-r-Rasuul a commencé à célébrer le Mawlid en 1301 de l’hégire, soit une année aprés le rappel à DIEU de son illustre père, le Savant pieux Mame Mor Anta Sally Mbacké en 1300 h (1882). Étant au chevet de ce dernier, il ne pouvait donc pas le célébrer plutôt ; néanmoins il s’avére qu’il ne l’ignorait pas. Car sa grand-mère Soxna Asta Waalo Mbacké16 fût, selon certains, la première à célébrer le Mawlid dans ce contrée. Cette vertueuse, Hàfizul Qur’ân17 et soufi, s’était résolu à réciter nuitamment l’intégralité du Saint-Coran dans ses prières surérogatoires.. Elle appellait à l’occasion du Mawlid les savants et érudits de la contrée pour vivifiait ensemble la Naissance du Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salam), en s’adonnant à la lecture du Saint Coran et en déclamant les poèmes dédiés au Prophète Bien Aimée Muhammad (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) tel Dalaa’ilul Xaraat de l’imâm Jazùli etc.

Quant à Sheyxul Xadiim Cheikh Ahmadou Bamba, il célébrait la Naissance du Prophète Muhammad (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) tel qu’il l’a pescrit dans Jazbu-l-Qulòob18 en y vouant un culte inconditionnel.

D’ailleurs, sur un de ses poèmes intitulé Yawma Mawlidi Hâzà, il précise que c’est Son EXISTENCE19 qui l’invita à la vivification du mois : «Dahan nii ilaa ihyaa’i zaa shahri kawnuhù». En effet Si les hommes de DIEU accordent à ce jour une importance si grandiloquente, cela veut dire que DIEU LUI-MÊME lui en a donné davantage.20

A l’approche du Mawlid le visage du Cheikh était rayonnant du fait de la joie qu’il ressentait pour Celui à qui il éprouve un amour indescriptible et incommensurable qui lui valu d’être Celui qu’il est, c’est à dire
Al Abdu-l-Laahi wa Xadiimu-r-Rasuulihi. Pour cela il se chargeait lui-même du Mawlid en dépensant toute la fortune qui se trouvait en son sein et demandait aux disciples d’en faire autant. Il disait que : «Chahru ramadân sirriya, Rabìhu-l-Lawaliyya» («Le mois de ramadan est mon secret, Rabih al awal m’est propre»). Par ailleurs il avait l’habitude de dire : «Sama yaari weer yi ci sama yaari pakk yii, lu ci waay amul lu né ci yaw la»Celui qui se trouve sur mes deux villes21, durant mes deux mois22 sans y obtenir ce qu’il désire ne devra s’en prendre qu’à lui même»). En effet il s’en chargeait personnellement.

Selon Serigne Thierno Mbacké Guélongal23, l’esplanade de la résidence du Cheikh était rempli par la foule qui venait des villages environnants, mais aussi les cheikhs (Grands disciples, les Muqadam) qui avaient ordre de rallier Njareem pour y célébrer avec leur disciples la Naissance de la Meilleure des Créatures (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam).

Ils récitaient des milliers de fois le Saint Coran, psalmodiant et déclamant les qaçà’id écrits par le Cheikh, aprés le coucher du soleil jusqu’à la matinée du lendemain.

Il était à leurs côtés, quelque fois circulant et distribuant beaucoup de cadeaux, et était trés accessible à tout ceux qui souhaitaient le voir.

Les kurels de qaçida étaient divisés en trois groupe ; le premier chantaient douze vers de Jazbu-l-Qulòob, le second douze vers de Mawaahibu-n-Naafih24 et le troisième douze vers de Muqaddimatul Amdaah25, puis s’y ajoute le récital du Barzanjiyyu26 ; ainsi de suite jusqu’à la fin.

Des repas copieux et somptueux étaient distribué en abondance. Et les proches disciples préparaient activement ces repas qu’ils acheminaient vers Buq’hatul Mubaarak27 ; on peut citer entre autres Cheikh Ibrahima Fall et Cheikh Ahmadou Ndoumbé Mbacké.

Rappelons aussi que le Cheikh a composé un nombre inestimable de poèmes dédié à ce mois béni de Rabih al awal ; on peut en citer certains tels : «Yawmu-l-Mawlidi Hàma Baksashine», «Lahù Rabiihi-l-awwali», «Min Mawlidi-r-Rasùlillaahi», «Wa fii Rabiihi-l-awwali», «Ibtidaahu Jazaa’inaa Rabiihu Bamsashinaa Zaa», «Mawlidahù fii Rabiihi-l-awwali» etc.

 

QUE LE TRÉS-HAUT (sup’HAANAHU WA TAHANLAA) L’ACCORDE DAVANTAGE CE QU’IL LUI A JADIS ACCORDÉ, ET PRÉSERVE SA FAMILLE, SES DISCIPLES ET TOUTE LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE, BI BARAKATI ABDU-L-LAAHI WA XADIIMI-R-RASUULIHI WA BARAKATI QAÇÀ’IDIHI, AMIINE.

1 ‘l’écrasante majorité des historiens affirment que Le Prophète est né le 12 Rabî’ Al Awwal. Comme chaque domaine, ce sont les spécialistes qui donnent le ton, on ne peut que leur faire confiance. Si, à chaque fois que les spécialistes d’une science divergent sur une question donnée on s’abstient, la presque totalité des actes serait abandonnée, en commençant par les piliers de l’islam. Quiconque connait les divergences, entre les fouqhahâ° (juristes) sur les conditions de la prière, sur les obligations des ablutions mineures et majeures, sur ce qui les annule, etc, comprendra ce qu’on vient d’expliquer...’’. Cf Argumentation solide sur l’importance du Mawlid, écrit par Mouhamadou Moustapha Mboup.

2 Disciple et compagnon de Cheikh Ahmadou Bamba.

3 Contrée du Sénégal ; fief de la branche des tidianes affilié à El Haj Malik Sy (Radiy-Allaahu anhu)

4 Proche disciple et biographe de Sheyxul Xadiim

5 Disciple et frère de Cheikh Ahmadou bamba

6 Mère de Serigne Cheikhouna et Serigne Glass fils du premier petit fils Khalif Général des Mourides El Hadji Bara Mbacké Fallilou

7 cf. Khouratoul Ayni, Lumière sur la pratiques islamiques

8 Al Malik al Muzaffar Abu Zeyd Al kawkaburi

9 Irbil en arabe

10 Source : Haawil Fatawi (p. 196) de l’imam Souyouti (Radiy-Allaahu anhu)

11 En wolof : waxtu Gué

12 Ou Abu Sahìd tel qu’il le mentionne dans son ouvrage Wolofalu Maggal yi ; il s’agit de Malik al Muzaffar.
« C’était un soufi qui habitait Irbil, au point de ressembler au Grand qui habitait à Diourbel ;
Il préparait la célébratin de la nuit de la Naissance une année en avant, et remettait tout ce qu’il amassait à ceux qui étaient venu le célébrer...»
.

13 Masàlikul Jinàn (Les itinéraires du Paradis) écrit par Cheikh Ahmadou Bamba.

14 Vers 1882-1883

15 1895

16 Soxna Asta Walo est la mère de Soxna Mariama Bousso Jaaratullah. Elle fut la fille de Serigne Ahmadou Sokhna Bousso, fils du grand homme de Dieu Mame Maharam Mbacké ; celui- ci fut le père de Serigne Mame Balla, lequel fut le père de Serigne Mame Mor Anta Sally ; celui-ci est le père du très vénéré Cheikh Ahmadou Bamba.

Cette figure charismatique, qui aura vécu plus de 130 ans, fut à l’origine de la formation sociale et spirituelle de Mame Diarra.

17 Celui, ou celle, qui a une parfaite maitrise du Coran.

18 L’attirance des coeurs vers le CONNAISSEUR des Mystères

19 Faisant réference au SEIGNEUR TRÉS-HAUT ; un de Ses Attributs

20 cf. Mawloud 2007,Rabîhu Awwal 1428 h, publié sur daarayweb.org (à leur actuelle ce site a momentanément suspendu ses activités).

21 Il s’agit de Touba et Njaarem

22 Il fait allusion aux mois de Ramadân et Rabih al awal

23 Intervieuw fait par Radio Touba International de la Daara Hizbu-t-Tarqiyyah

24 Les Dons du BIENFAITEUR, écrit par le Cheikh.

25 Les prémices des éloges, écrit par le Cheikh.

26 Panégyrique sur le Prophète (Anleyhi-s-salaatu wa-s-salaam) que Serigne Moussa KA versifiera en wolof.$

27 Le nom que le Cheikh avait donné à sa résidence de Njareem (Diourbel).